Restez à l’écoute de notre actualité

Concilier infertilité et carrière professionnelle

En 2021, faire un enfant et concilier carrière professionnelle pour une femme est un vrai sujet, souvent épineux et suscitant beaucoup d’inquiétudes. Comment peut-on alors parler d’infertilité dans le monde professionnel lorsque le sujet de la grossesse est déjà tabou ?

business woman

Être salariée et vouloir un enfant, pourquoi est-ce encore tabou ?

C’est un fait, avoir un enfant lorsque l’on est une femme et que l’on souhaite avoir une carrière professionnelle pose encore beaucoup de questions. De plus en plus de discussions ont lieu autour de la discrimination à l’emploi, des inégalités hommes/femmes et de nombreux progrès sont faits au sein des ressources humaines des entreprises. Les choses avancent, mais pas encore assez vite.

 

En moyenne en 2015, les femmes avaient leur 1er enfant à 28.5 ans soit 4.5 ans plus tard qu’en 1974. Aujourd’hui,  63% des femmes considèrent encore la maternité comme un frein à leur carrière. 

Un employeur qui cherche à recruter une femme de 30 ans va forcément considérer que celle-ci va potentiellement chercher à fonder une famille à un moment donné, en mettant donc quelques temps sa carrière professionnelle entre parenthèses.   

“un simple congé maternité de quelques mois peut, aujourd’hui encore, nuire à 40 ans de carrière exemplaire”

        Véronique Préaux-Cobti, directrice générale du cabinet Diafora Leadership spécialisé sur les questions de mixité en entreprise

Et l’infertilité dans tout ça ?

Rien d’étonnant alors à ce que des difficultés de conception d’un enfant aient des conséquences sur la carrière.

D’une part car cela touche à l’intime et que les couples ont très peur d’être jugés, mais également parce que cela demande beaucoup de disponibilité mentale, du temps, et de l’énergie, qui peuvent nuire à la productivité au travail.

Lors des échanges avec les couples lors de nos formations à domicile Cocoone, dès que nous abordons l’organisation travail/gestion du protocole, nous leurs conseillons de dire à leur hiérarchie qu’elles sont en train de suivre un protocole. 

Et la réponse est invariable : “je ne peux pas leur dire, ils vont savoir que je cherche à leur poser un congé maternité dans 6 mois ! Je dois m’organiser seule, poser des journées d’arrêts de travail, des vacances ou des retards ! tant pis !

Les femmes que nous rencontrons ne veulent pas de “double peine” : arrêt momentané (ou non) de leur carrière, “placardisation”, jugement… en parallèle de la difficulté d’affronter un protocole de PMA.

Carrière et PMA : c’est compatible !

Les femmes en parcours PMA ont besoin de leur travail.  Elles souffrent de ne pas avoir la capacité d’être enceinte naturellement. Elles considèrent souvent cela comme une “faille” dans l’image qu’elles ont d’elle-même et de leur corps et c’est déjà compliqué à gérer. 

Garder sa place dans la société en maintenant sa place professionnelle est un bon moyen de pallier ce manque de confiance par une reconnaissance sociale.

Elles ne sont peut être pas encore mères mais elles gardent une identité professionnelle : elles sont ingénieurs, professeurs, assistantes, directrices, éleveurs, boulangères, soignantes, artisans… et elles réussissent !

 

En entreprise, les choses bougent. Par exemple, depuis 2014, Facebook et Apple proposent à leurs salariés de prendre en charge les traitements d’AMP. 

Aux Etats unis, plusieurs sociétés mettent même à disposition de leurs salariées une « couverture fertilité” qui permet aux couples d’aborder plus sereinement cette phase de leur vie, sans tabou ni peur de la fameuse “placardisation”. 

Tesla va même plus loin en reconnaissant ouvertement que les employés peuvent congeler leurs ovocytes pour se consacrer pleinement à leur carrière et ne pas subir la “pression biologique”.

Dans le milieu professionnel, le regard sur la PMA évolue petit à petit

En France, la mutuelle CCMO de la société ISAGRI rembourse à ses salariées la visite de l’infirmière Cocoone

Une Scope de Montpellier, La collective, offre à ses salariées féminines un congé menstruel (absence au travail pour règles douloureuses).

Le débat reste ouvert, mais on parle encore trop peu du désir de maternité dans les entreprises d’un point de vue RH.

“comment faire carrière quand on s’engage pendant plus de 3 ans en moyenne dans un parcours d’AMP ?” 

Certains diront : “choisis tes combats, tu ne peux pas tout avoir en même temps”.  Beaucoup désespèrent en souffrant silencieusement. En parler, et écouter les témoignages des femmes qui sont passées par là, c’est déjà faire un pas en avant.

La fertilité est un processus naturelle, les problèmes d’infertilité ne devraient plus être un sujet tabou, dans la vie comme en entreprise.

Nous vous recommandons le livre de Sheryl Sandberg “En avant toute”. La directrice des opérations de FACEBOOK, féministe engagée met en avant la possibilité pour une femme de faire carrière si elle le souhaite malgré les difficultés qu’elle peut rencontrer.

Pour résumé, gardez à l’esprit qu’une grossesse n’est pas une maladie ! Une femme enceinte ne perd pas subitement ses capacités intellectuelles. De la même manière un enfant n’empêche pas une femme d’assurer ses responsabilités professionnelles. Cela demande de la communication, de la compréhension, de l’organisation, des aménagements… Mais ne nous privons pas des compétences et des capacités des femmes, car elles apportent tellement !  

Vous avez commencé un protocole de PMA mais avez-vous compris votre ordonnance prescrite par votre gynécologue ou votre médecin ? Un article est dédié pour vous donner quelques pistes.

Sources :

– fertilty IQ : étude statistiques

– Les Echos : article du 21/08/19

par | 17 Sep 2021 | Non classé