Restez à l’écoute de notre actualité

L’évolution de la PMA

De la première expérience d’insémination artificielle menée au Royaume-Uni à la fin du 18e siècle à la première greffe d’utérus française qui a recemment permis de donner naissance à une petite fille en 2021, la Procréation Médicalement Assistée (PMA) a fait des progrès considérables. Avec des connaissances de plus en plus avancées, des méthodes de plus en plus sophistiquées et des équipements de plus en plus techniques, les couples pour qui la conception d’un enfant n’est pas simple ont de nombreuses raisons d’espérer être, aujourd’hui, parents grâce aux techniques modernes de PMA. Découvrez l’évolution de la PMA.

la pma au fil du temps

Les début de la PMA

En 1790, pour la première fois, une insémination de sperme est pratiquée en dehors de l’acte sexuel et donne lieu à une naissance. L’idée est venue au biologiste écossais John Hunter face à un patient souffrant d’une malformation génitale. Presque un siècle plus tard, en 1884, eu lieu la première insémination artificielle avec donneur cette fois, aux États-Unis.

Ensuite, au début des années 1950, des chercheurs de l’université de l’Iowa aux États-Unis mettent au point des techniques de préservation du sperme, évitant de le détruire lors de la congélation. Ils parviennent également à réimplanter du sperme ainsi conservé, et l’insémination aboutit à la première naissance à partir de sperme congelé en 1953. Ce résultat conduira au développement des banques du sperme dans les années 1970. 

À la fin des années 1960, le biologiste britannique Robert Edwards parvient à féconder des ovocytes dans un milieu de culture, en laboratoire. Il s’associe alors avec le gynécologue Patrick Steptoe pour transférer l’embryon dans l’utérus d’une mère. Mais il faudra dix années de plus pour qu’une grossesse puisse être menée à terme. Leurs recherches rencontrent alors une vive opposition.

ééLouise Brown, premier « bébé éprouvette » au monde à voir le jour

 

Depuis des années, les scientifiques de tous les pays s’essaient à la fécondation d’un ovule en laboratoire depuis la réussite, en 1959 aux États-Unis, de la création d’un embryon de lapin. C’est une équipe anglaise tenace, formée par Robert Edwards et Patrick Steptoe qui réussit cette prouesse en premier : Louise Brown naît le 25 juillet 1978 à Manchester, au Royaume-Uni. Elle est le premier bébé à naître d’une fécondation in vitro (FIV). Sa mère souffrait d’une obstruction des trompes utérines, empêchant les spermatozoïdes d’atteindrent les ovaires. La naissance de Louise est une délivrance pour ses parents. Cela fait alors près de dix ans qu’ils essayent d’avoir un enfant, mais sans succès. 

Louise est en très bonne santé, à la grande joie de ses parents et de celle de l’équipe scientifique qui voit le couronnement de leurs travaux. Toute malformation aurait en effet mis fin aux recherches. L’emballement médiatique est à la hauteur de l’exploit : la petite fille fait la une des journaux britanniques. Pour des milliers de personnes qui sont dans leur cas, cet accouchement réussi est un rayon d’espoir. Le nouveau-né est ainsi accueilli très positivement par les journaux britanniques, le Manchester Evening News parle de « miracle ». D’où le deuxième prénom de Louise, suggéré par Patrick Steptoe : « Joy », pour célébrer la joie pleine de promesses qu’allait apporter cette naissance aux couples en désir d’enfant. 

La technique semble alors encore bien périlleuse et le succès miraculeux. Elle suscite également les inquiétudes des autorités religieuses qui se sentent “aux frontières de la morale traditionnelle”. “Jusqu’à quel point et en quel sens l’artifice peut-il aider la nature et la vie des hommes. Dans quelle mesure la trahit-il ?” s’interroge l’abbé René Laurentin, théologien et exégète français.

Prix Nobel de Médecine pour Robert Edwards

 

Le Britannique Robert Edwards, père de la fécondation in vitro (FIV) a été récompensé par le prix Nobel de médecine le 04 octobre 2010. Il a consacré sa carrière à des travaux ayant eu pour effet d’aider des millions de personnes à avoir des enfants, persuadé qu’il s’agit de ce que la vie peut donner de plus précieux. Le physiologiste âgé de 85 ans est considéré avec son collègue gynécologue Patrick Steptoe, décédé en 1988, comme le «père des bébés éprouvettes» pour avoir permis la naissance de Louise Joy Brown, le 25 juillet 1978, premier bébé conçu in vitro.

C’est dans un laboratoire de Cambridge, où il a commencé à travailler en 1963, que ses recherches débouchent sur la création de la vie in vitro en 1968. “Jamais je n’oublierai le jour où j’ai regardé dans le microscope et j’ai vu quelque chose d’étrange dans les cultures. J’ai regardé dans le microscope et j’ai vu un blastocyste (embryon) humain qui me regardait. J’ai pensé, on y est arrivé!”.

Le professeur Edwards a expliqué que sa principale motivation, tout au long de ces cinq décennies de recherches, avait été d’aider les couples ayant des problèmes de fertilité à avoir des enfants. “Le plus important dans la vie est de pouvoir avoir des enfants. Rien n’est plus précieux qu’un enfant”.

Il considère que l’Etat doit financer l’insémination artificielle pour les couples qui ne peuvent avoir d’enfants sans recourir à ce procédé. Et tout en étant conscient des défis éthiques que les progrès de la science posent, il s’est prononcé en faveur de la poursuite des recherches sur les embryons. “La science doit avancer. Il n’y aurait eu aucune FIV si nous n’avions pas étudié l’embryon”.

Robert Edwards est décédé le 10 avril 2013 mais il a laissé derrière lui une grande avancée qui aide des milliers de couples infertiles dans le monde.

Robert Edwards et Louise brown

Amandine, le premier « bébé éprouvette » français

 

En France, la petite Amandine naît en février 1982. Depuis la naissance de Louise Brown, plus de 5 millions d’enfants sont nés via cette technique à travers le monde.

Le 24 février 1982, quatre ans après la naissance de Louise Brown, naissait à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, Amandine. Les journaux consacraient des articles entier sur l’évènement : « Amandine est née à terme, dans la nuit de mardi à mercredi, à 01h20. Elle pèse 3,420 kilos, mesure 51 centimètres: une naissance très banale, mais une conception qui l’est moins. Amandine est le premier bébé éprouvette français. » 

Quatre pays ont déjà, à cette époque, utilisés avec succès, la méthode de la fécondation In Vitro (FIV) pour tenter de lutter contre certaines stérilités féminines : la Grande-Bretagne, où est née Louise Brown, en juillet 1978, l’Australie et les États-Unis.

Dans le service de gynécologie de l’hôpital Antoine Béclère, en mai 1981, la future maman d’Amandine suit un traitement hormonal novateur : trente-six heures après l’injection d’une hormone (H.C.G.) l’ovulation se produit. L’ovocyte est alors prélevé au bloc opératoire. Mis en contact in vitro avec les spermatozoïdes du père, 67 heures plus tard, l’embryon créé avait huit cellules ! 71 heures après le prélèvement, l’embryon est replacé dans l’utérus de la mère. Ensuite, le miracle de la vie opère, la  grossesse fut normale, quoique plus surveillée.

Chronologie de la PMA

1790 : La première insémination artificielle humaine

1884 : La première insémination artificielle avec donneur 

1953 : La première insémination à partir de sperme congelé

1968 : Les débuts de la fécondation in vitro (FIV)

1973 : Création des centres d’études et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos) en France

1978 : Naissance de Louise Brown, premier « bébé-éprouvette »

1984 : La première naissance après une congélation embryonnaire

1990 : La question du transfert d’embryons post-mortem

1992 : L’ICSI, une nouvelle technique pour la fécondation in vitro (FIV)

1994 : La loi autorise le diagnostic préimplantatoire (DPI)

1999 : Développement de la vitrification ovocytaire

2000 : Adam, le premier « bébé médicament » aux États-Unis

2000 : La première tentative de greffe d’utérus

2014 : Greffe d’utérus sur une femme ménopausée et qui donne par la suite une naissance pour la première fois à la naissance d’un enfant en Suède.

2019 : Première greffe d’utérus français.

2021 : Première naissance d’une petite fille, le 12 février 2021, via la première greffe d’utérus en France.

par | 29 Juil 2021 | Non classé