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Religion & PMA

La relation entre la PMA et les différentes religions peut être plus ou moins compliquée, encore plus suite à la mise en lumière qu’a pu apporter la dernière loi de bioéthique sur ces sujets. Les visions et autorisations des religions sont bien différentes selon ces dernières. Nous allons donc essayer de comprendre et d’exposer leurs visions de manière factuelle afin de vous permettre de pouvoir prendre des décisions éclairées au-delà des idées reçues.

Catholicisme & Protestantisme

 

  • L‘Église catholique s’oppose à la procréation médicalement assistée.

Le Vatican pense que l’enfant doit être considéré comme un don de Dieu et conseille plutôt aux couples stériles d’adopter, ou de se mettre au service des enfants.

Dans le cas d’une FIV, par exemple, plusieurs embryons sont créés et ceux qui ne sont pas utilisés sont détruits, congelés ou donnés. Or pour l’Église, l’embryon est un être humain dès la rencontre des gamètes.

De plus, pour l’Église, un enfant doit-être uniquement le fruit de la relation sexuelle d’un couple marié. Elle a ainsi défini un “droit de l’enfant d’être le fruit de l’acte spécifique de l’amour conjugal de ses parents” (Donum Vitae II 8).

L’insémination artificielle n’est permise que dans des cas limités, si elle ne vient pas à se substituer à l’acte conjugal mais l’aide à rejoindre sa fin naturelle.

La position officielle de l’Église catholique romaine a été exprimée en 1987 dans l’instruction Donum Vitae, puis en 2008 dans l’instruction Dignitas Personae.

 

  • La doctrine protestante peut être qualifiée comme étant moins stricte en ce qui concerne la PMA.

Comme pour les autres débats éthiques, le protestantisme ne propose pas de position unanime sur la procréation médicalement assistée. Cette religion laisse le croyant choisir lui-même la solution qui lui paraît la plus acceptable éthiquement et considère que ce choix relève de la responsabilité personnelle.

La réflexion ne manque pas, assure le philosophe Olivier Abel, protestant libéral, mais elle « échoue à se présenter avec l’autorité d’un dogme ».

Aussi ce professeur à la Faculté de théologie protestante de Montpellier estime qu’une part non négligeable des protestants de France (environ un quart du corps pastoral de l’Église protestante unie de France) est favorable à la « PMA pour tous».

Ces réformés ne verraient donc aucune objection biblique à l’extension de cette pratique aux femmes seules ou aux couples de femmes homosexuelles qui en font la demande, puisque le noyau de l’Évangile est l’amour du prochain, et la nécessité de « se mettre à sa place ».

Aux antipodes de ce point de vue très libéral s’en trouve un autre, plus conservateur. Il émane essentiellement des Églises évangéliques et indique, à l’instar de l’Église catholique, que l’on ne peut autoriser ces pratiques aux personnes seuls ou aux couples homosexuels.

Si le protestantisme est peut-être la religion la plus ouverte en ce qui concerne l’aide à la procréation, la conjugalité reste un point d’ancrage fort de sa pensée.

« Je crois que pour beaucoup de protestants, la PMA est d’abord une affaire conjugale, estime Olivier Abel. Ce n’est pas à un homme seul ou à une femme seule de demander cela. »

Le protestantisme est l’une des rares religions à autoriser le don d’embryon aux couples stériles (de même que le don de sperme ou d’ovocytes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Judaïsme

 

L’assistance médicale à la procréation est, de manière générale, acceptée par le judaïsme, car elle permet aux couples infertiles d’accomplir l’impératif biblique : « Croissez et multipliez ». La fécondation in vitro, la congélation et la destruction d’embryons, avant le 40e jour après leur conception, est admise.

Concernant l’insémination artificielle avec donneur, il existe un débat parmi les autorités juives car cela est perçu comme entraînant un problème de filiation. « Le Talmud 1 développe le principe du besoin de connaître d’une manière certaine l’identité du père d’un enfant. Pourquoi cela ? Dans le but d’éviter des mariages consanguins, explique dans un article le Rav (Rabbin) Benjamin David, de l’institut Pouah de Jérusalem dédié à la procréation. (…) L’insémination de sperme d’un donneur anonyme est donc impensable. »

L’insémination « de convenance est totalement interdite par le judaïsme, interdit qu’enfreindraient la mère de l’enfant et le père donneur de sperme, considéré comme abandonnant ses descendants », selon lui. Mais cet avis n’est pas unanimement partagé au sein de la communauté juive. D’ailleurs, Israël est un pays très en pointe sur toutes les techniques de procréation artificielle, que ce soit pour des couples hétérosexuels ou des couples homosexuels.

Islam

 

La position de l’islam est formulée essentiellement par le respect absolu de la filiation (Al-Nasl), c’est-à-dire le rattachement de l’enfant à son père et sa mère. Dans ses divers cas de figure, l’assistance médicale à la procréation (AMP) doit respecter ce principe de filiation paternelle et maternelle dans ce qui doit rester un projet parental.
Aussi, deux filiations maternelles ou paternelles ne peuvent se cumuler et sont donc inenvisageables en islam. Toute assistance médicale à la procréation qui respecte ces principes est non seulement autorisée mais encouragée en cas de nécessité.

La PMA est autorisée en islam mais uniquement chez les couples hétérosexuels mariés. Par ailleurs, le spermatozoïde et l’ovocyte doivent appartenir exclusivement aux deux conjoints.
En cas de divorce ou si le mari est décédé, l’utilisation du spermatozoïde conservé du mari n’est plus possible. L’adoption est fortement recommandée en cas de stérilité irréversible.

Le recours aux dons de spermes et d’ovocytes qui fait intervenir une tierce personne est radicalement interdit en islam, que les donneurs soient connus ou anonymes.
En effet, le fait que l’enfant ne soit pas issu du sperme du mari ou de l’ovocyte de l’épouse crée un « un mélange des filiations » tout à fait paradoxal en islam. Les dons d’embryons sont également interdits.

La congélation des ovocytes consiste à prélever des ovules chez une jeune femme et à les congeler pour une grossesse ultérieure. Par exemple en 2014, Facebook et Apple ont proposé à leurs employées en âge de procréer de financer la congélation de leurs ovocytes. Ainsi, elles pourront faire des enfants quand elles le veulent pour concilier maternité et évolution professionnelle. Nous avons d’ailleurs écrit un article traitant de ce sujet : (lien article fertilité carrière)
En Islam cette congélation des ovocytes n’est autorisée qu’en cas de nécessité absolue. C’est le cas par exemple d’une femme atteinte d’un cancer qui doit faire l’objet d’une chimiothérapie qui la rendrait stérile. Cette femme est autorisée dans ce cas à congeler ses ovocytes avant d’entamer la chimiothérapie.

Bouddhisme & Hindouisme

 

  • Le bouddhisme est une religion très libérale en matière de procréation assistée. Il permet l’utilisation de la FIV sans restreindre l’accès à cette procédure médicale aux couples mariés et le don de sperme est également autorisé. Dans la tradition bouddhiste, un enfant conçu à partir de matériel génétique donné a le droit de rencontrer ses parents génétiques lorsqu’il atteint sa maturité.

 

  • L’hindouisme est également une religion très libérale en matière de procréation assistée. En fait, la religion hindoue est d’accord avec la plupart des techniques de procréation assistée, mais elle exige que l’ovocyte et le sperme utilisés dans la procédure soient issus d’un couple marié. Cependant, l’hindouisme accepte également le don de sperme, mais le donneur doit être un proche parent du mari infertile. En outre, l’avortement n’est pas interdit et l’adoption d’un enfant, généralement issu d’une famille nombreuse, est également pratiquée. Cette attitude libérale a fait de l’Inde une destination importante pour le tourisme de reproduction et de nombreux couples se rendent en Inde pour assister la procréation, y compris des membres des communautés LGBT.

En Conclusion :

Toutes les religions ne sont pas formellement contre la PMA. Pour la plupart la création de la vie reste primordiale même si elle doit impliquer des procédés comme la FIV ou l’insémination artificielle. Cependant toutes ces pratiques ne sont acceptés, dans la majorité des religions, que pour des couples hétérosexuels.

Chaque couple qui entre en PMA a des idées reçues sur ces différents procédés, que ce soit éthique, moral ou religieux, ils doivent composer avec ce qu’ils croient être bon ou pas pour eux. Avoir conscience de ces éléments permet aux couples de faire des choix éclairés.

Sources :

  • La croix,
  • Saphir News,
  • La tribune Juive

par | 28 Oct 2021 | Non classé